
Hier j'ai trouvé au détour d'un rayon de la fnac un DVD du film Harakiri, film dont j'avais déjà entendu parler en bien plusieurs fois. En grand fan de chambara et adorant l'acteur principal Tetsuya Nakadai (Ran, Kagemusha, Goyokin) j'ai donc délesté mon compte en banque de 12 petits euros ... sans aucun regret. Ce film est un bijou !
La photographie parfaite, acteurs ultra charismatiques, histoire intéressante , mise en scène somptueuse !
Le pitch tu film est simple :
Un samourai devenu Ronin frappe à la porte d'un clan pour lui demander le droit de faire Seppuku (suicide rituel) et ainsi mourir dans l'honneur. Malheureusement le clan se moque de lui et le contraint à se suicider avec un sabre de bois, sans lui accorder quelques jours de grâce pour qu'il puisse régler ses affaires familiales.
Le père du malheureux qui a tout perdu a cause de ce suicide décide de le venger et frappe lui aussi à la porte de ce clan pour faire séppuku , mais il ne partira pas dans l'au delà avant d'avoir raconté tout son histoire aux bourreaux et les mettre face à face avec leur soi disant honnorable respectabilité.
"Qui peut sonder les abîmes que cache le cœur d'un autre homme?"
Si l'ambiance est feutrée, voir austère le regard de Tetsuya Nakadai irradie le film d'une rage contenue, on sent littéralement la violence et la tension monter tout au long du film jusqu'à l'explosion sanguinaire du final. Seul, quasi immobile, assis sur le petit carré d'1m50 sur 1m50 où il doit s'ouvrir le ventre sa voix et ses yeux sont si expressifs que le mouvement est inutile, une performance impressionnante, performance qu'on retrouvera chez lui plus tard dans Ran ou Kagemusha.
"Après tout, cette chose que vous appelez "Honneur du Samouraï" n'est finalement rien d'autre qu'une façade!"
Outre le coté film de sabre qui au final ne ressort que vers la fin, le film pose des questions de fond particulièrement bien amenées.
Jusqu'où peut aller une société pour préserver ses coutumes et se déshumaniser à l'extreme ?
On sent tout au long du film que la critique des pouvoir en place ne faisant aucunement cas des états d'âmes du peuple dépasse le cadre du clan de samourai dont il est question mais s'étend bien sur les pouvoirs dirigeants en général.
Enfin, jusqu'où peut aller un homme par désespoir ? Autant de questions soulevées au fil du récit tragique de Tsugumo le ronin.
Enfin bref il est tard et je suis encore un peu sous le choc de la claque cinématographique que m'a mis ce petit chef d'œuvre nippon.
Moi qui ne voyais que par kurosawa, je vois à présent qu'il y avait d'autre réalisateurs de génie dans ses contemporains, Masaki Kobayashi est l'un d'eux.
A voir absolument pour ceux qui aiment le genre.
15/05/2008
CINE - Harakiri
Libellés : Critiques médias
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